Claude Chéreau, le président de la commission de dialogue sur le projet d'aéroport controversé de Notre-Dame-des-Landes, a estimé jeudi à Nantes que de nouvelles expulsions sur le site "ne faciliteraient pas" le dialogue qu'il est chargé d'instaurer à la demande du gouvernement. "Par définition, si l'on veut instaurer le dialogue, il vaut mieux que les conditions soient favorables", a-t-il déclaré à la presse lors de la présentation de sa commission, créée le 30 novembre par Matignon.
De nouvelles expulsions d'opposants, théoriquement possibles à tout moment, "ne faciliteraient pas le dialogue", a-t-il reconnu. Claude Chéreau, dont la commission composée de trois membres doit mener ses premiers entretiens vendredi à Nantes, a indiqué souhaiter "rencontrer autant que nécessaire tous ceux qui le souhaiteront" d'ici mi-mars, tout en soulignant que son mandat ne lui permettait pas d'aborder "le fond du dossier". Cette réserve a conduit la principale organisation d'opposants, l'Acipa - qui demande un abandon pur et simple du projet d'aéroport - à annoncer son boycott de cette commission.
Rencontre
Claude Chéreau a toutefois assuré que l'éventualité d'une remise en question du bien-fondé même du dossier n'était "pas entièrement fermée" dans la mesure où la commission pourra faire des propositions dans son rapport final. "Je ne désespère pas qu'on arrive à se voir soit en janvier soit plus tard", a-t-il indiqué au sujet des opposants tentés par le boycott, soulignant être même prêt, "si la sécurité est assurée", à se rendre sur le site pour y rencontrer les occupants.
"Il serait normal que le dialogue s'installe aussi sur le terrain", a-t-il déclaré. La commission, qui, outre Claude Chéreau, président de la commission des comptes de l'agriculture de la nation, comprend une architecte spécialiste des grands débats publics, Claude Brévan, et un spécialiste du droit environnemental, Rouchdy Kbaier, doit rendre son rapport fin mars au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Ce dernier, ancien maire de Nantes, a souligné à plusieurs reprises que l'objet de la commission n'était pas de remettre en cause le projet d'aéroport, s'attirant les foudres des opposants.