NOTRE DAME DES LANDES – Le tribunal de Saint-Nazaire a mis en délibéré au 26 mars sa décision d’autoriser ou non l’expulsion d’opposants qui occupent des cabanes construites sur le site du futur aéoport de Notre-Dame-des-Landes, propriété de Vinci.
Les occupants de la dizaine de cabanes installées sur le site de Notre-Dame-des-Landes devront-ils partir ? Le tribunal de Saint-Nazaire, qui doit donner l’autorisation ou non l’expulsion de ces opposants au projet d’aéroport, a mis sa décision en délibéré au 26 mars.
La requête émanait de la filiale Aéroport du Grand Ouest (AGO) du groupe Vinci, concessionnaire de la future infrastructure et concerne environ une dizaine de cabanes. Baptisées "Chateigne", elles ont été construites fin novembre 2012. Depuis, plusieurs dizaines d'autres ont été édifiées un peu partout sur le site.
"Une occupation illicite" pour Vinci
Pour empêcher la destruction de la Chateigne, autorisée par la justice le 11 décembre 2012, quatre opposants s'en étaient déclarés occupants, obligeant AGO à entamer une nouvelle procédure, plus longue, d'expulsion.
Mardi à Saint-Nazaire, l'avocat d'AGO a plaidé l'occupation "illicite" de ces cabanes, construites sur un terrain exproprié devenu la propriété de Vinci. De son côté, Me Pierre-Henri Marterêt qui défendait les occupants, a soutenu qu'il n'y avait pas "d'urgence", les travaux à cet endroit n'étant pas prévus tout de suite.
Cet ensemble de constructions collectives avait été édifié le 17 novembre lors d'une manifestation géante qui avait rassemblé de 13 000 à 40 000 personnes selon les estimations de l’État et des manifestants. Le site est devenu depuis un lieu symbolique de cette lutte. Il accueille depuis lors des collectifs "anti Notre-Dame-des-Landes" venus de toute la France, qui s'y relaient chaque semaine.
Report des travaux
L'aéroport Grand Ouest de Notre-Dame-des-Landes, destiné à remplacer l'actuel aéroport de Nantes, devait être inauguré en 2017. Mais les intenses manifestations et les violents heurts avec les forces de l'ordre qui ont accompagné à l'automne 2012 la tentative d'expulsion des quelques 300 opposants anticapitalistes installés sur place ont d'ores et déjà entraîné le report de plusieurs mois de certaines phases de travaux comme le défrichage, prévu initialement en janvier 2013.
La commission de dialogue mise en place par Jean-Marc Ayrault fin novembre pour apaiser la crise doit rendre son rapport fin mars.
