Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

cicpa36.overblog.com

cicpa36.overblog.com

CitoyenNEs de l'Indre Contre le Projet de l'Ayraultport / Contact: cicpa36@voila.fr


NDDL : Plombé par le train ? (le télégramme du 05.10.13)

Publié par CICPA36 / CitoyeNEs de l'Indre Contre le Projet de l'Ayraultport sur 9 Octobre 2013, 11:54am

Catégories : #presse divers

Nexus, une association angevine, soulève, chiffres à l'appui, des doutes sur l'estimation du trafic passagers du futur aéroport Notre-Dame-des- Landes. Selon elle, la concurrence rail a été négligée. L'estimation devrait pratiquement être divisée par deux !

Pourquoi construire un nouvel aéroport pour Nantes et le Grand Ouest ? Parce qu'à Notre-Dame-des-Landes (NDDL), la nouvelle plate-forme permettra, notamment, d'accueillir, en 2050, cinq fois plus de passagers qu'en 2005 (soit près de 9 millions de passagers). Une association angevine (Nexus), militant pour l'intermodalité (la complémentarité air-rail-route), estime que cette estimation fournie par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), en 2006, est « au mieux erronée ». Pourquoi ? "Elle n'a pas pris en compte la concurrence des futurs 4.500 km de lignes à grande vitesse (LGV) promis par le Grenelle de l'environnement (NDLR, validés en 2009)", martèle Bernard Fourage, responsable du département études de l'association.


Orly à 2 h... en train
Quel impact pour la future plate-forme nantaise ? Un gain de temps, en 2024, de huit minutes pour la liaison Nantes-Paris, et de 37 minutes pour Rennes-Paris. Pas de quoi concurrencer l'avion. L'intérêt n'est pas là. L'interconnexion des LGV au sud de Paris permettra surtout de rallier directement les aéroports parisiens. Nantes et Rennes seront, selon Nexus, "à moins de 2 h" d'Orly (2 h 30 selon Réseau ferré de France ; aucune liaison actuellement) et "à 2 h" de Roissy (3 h selon RFF... comme actuellement, avec le RER !) "Pourquoi un habitant de Rennes, Angers, Laval (...) irait-il par bus ou tram-train à Notre-Dame-des-Landes alors que, par la billetterie commune, parfois l'enregistrement des bagages dans sa propre gare, il dispose d'un accès direct à Orly, offrant une palette beaucoup plus large de destinations, plus fréquentes, avec des avions plus gros, tirant les prix vers le bas ?", interroge Nexus.


"Nantes-Roissy condamnée"
L'association estime que cette concurrence aboutira purement et simplement à l'abandon de la ligne aérienne Nantes-Roissy. "Regardez ce qui se passe à Strasbourg, interpelle Bernard Fourage. Air France a annoncé qu'elle mettait fin à sa ligne vers Roissy en avril prochain. Elle a estimé que le temps de trajet actuel (2 h 23 ; 1 h 52 en 2016) en train était suffisamment concurrentiel. Air France va vendre des billets rail-air avec enregistrement des bagages en gare de Strasbourg... C'est ce qui pourrait aussi se produire chez nous". Si tel était le cas, cette suppression aurait un effet désastreux pour le futur aéroport. "Les vols au départ de Nantes vers les deux aéroports parisiens drainent plus de passagers que tous les vols internationaux réunis", pointe le site d'information en ligne Terraeco. net qui, hier, s'interrogeait aussi sur des "prévisions de trafic gonflées".


Lyon, Bordeaux...
Autre intérêt des LGV : le futur barreau Est-Ouest reliant Nantes et Dijon permettra de voyager plus directement vers Bordeaux, Lyon, Clermont-Ferrand... Nouvelle et dure concurrence pour le projet NDDL, assène encore l'association Nexus. « Lyon sera, par exemple, à près de 3 h de Nantes (contre 4 h 35 aujourd'hui), indique Bernard Fourage. Sur cet axe, le rail pourrait ravir 80 % du marché aérien ». Toujours selon l'association, cette concurrence pourrait également prendre 40 % du marché aérien vers Toulouse, Lille ou Strasbourg, 35 % vers Marseille, 80 % vers Bordeaux...

"Attention, précise Bernard Fourage. Il s'agit d'extrapolations réalisées à partir de chiffres révélés entre autres par Réseau ferré de France (RFF)". Dans un article des Échos du 16 juin 2011, le président de RFF assurait, en effet, que le gain de temps de la LGV Paris-Bordeaux (2 h 05 au lieu de 3 h) pourrait permettre "de passer d'un peu moins de 60 % à 90 % de parts de marché". Au final, selon Nexus, ce ne sont donc pas 8,94 millions de passagers qu'il faudrait attendre en 2050 au départ de l'aéroport de Nantes mais près de deux fois moins (4,96 millions) !

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents